Conserver tous les documents RH sans limite n’est pas une politique d’archivage. L’employeur doit concilier les durées légales, les délais utiles à la preuve et le principe de limitation du RGPD. La bonne méthode consiste à attribuer une durée, un point de départ et un sort final à chaque catégorie.

Distinguer obligation de conservation et besoin de preuve

Une durée fixée par un texte constitue un minimum ou parfois une limite. Un délai de prescription peut justifier un archivage intermédiaire pour défendre un droit. Dans les deux cas, documentez le fondement. Les dossiers clos ne doivent plus rester dans les outils de travail courants avec les mêmes accès. Pour relier ce point à votre organisation, consultez aussi accompagnement en conseil social et RH.

Tableau des principales durées à piloter

DocumentDurée de référencePoint de départ ou contrôle
Double du bulletin de paie5 ansÀ compter de son émission
Bulletin électronique mis à disposition50 ans ou jusqu’aux 75 ans du salariéVérifier le service de mise à disposition
Registre unique du personnel5 ansÀ compter du départ de la personne
Contrat, salaire, primes, indemnités, solde de tout compte et retraite5 ansClasser la version définitive et les preuves
Charges sociales et taxe sur les salaires3 ansContrôler les règles propres au document
Décompte des jours en forfait jours3 ansÀ partir de l’année concernée
Horaires, astreintes et compensations1 anPrévoir les durées plus longues requises par un litige
Déclaration d’accident du travail5 ansÀ partir de la déclaration
Versions du DUERP40 ansChaque mise à jour doit rester accessible

Ne pas constituer un dossier médical employeur

L’employeur classe les avis et documents qui lui sont destinés, avec un accès restreint. Il ne demande pas le diagnostic ni le dossier médical conservé par le service de prévention et de santé au travail. Les données de santé exigent un niveau de protection particulier.

Ajouter une règle de purge aux outils RH

  • Recenser les originaux, copies, exports et sauvegardes.
  • Nommer un responsable pour chaque catégorie.
  • Calculer la date de fin à partir du bon événement.
  • Passer les dossiers clos en archivage intermédiaire avec des accès limités.
  • Détruire ou anonymiser les données lorsque plus aucun fondement ne justifie leur conservation.
  • Conserver une trace de la campagne de purge, sans recréer les données supprimées.

Tester la réversibilité du stockage

Une durée légale n’est utile que si le document reste lisible et récupérable. Testez l’export, la recherche et les droits d’accès de votre coffre fort numérique RH. Prévoyez la restitution lors d’un changement de logiciel ou de prestataire.

Point territorial : ce tableau central vise la métropole et La Réunion. À Mayotte, vérifiez chaque fondement local, notamment les pièces de cotisations sociales, avant de reprendre la même durée. Vous pouvez compléter cette vérification avec nos guides de pilotage RH.

Pour transformer ce tableau en calendrier automatisé, découvrez notre accompagnement en intégration SIRH ou demandez un diagnostic social.

Mise en pratique

Organiser une embauche sans rupture dans le dossier

Une embauche réussie repose sur un enchaînement cohérent : décision, formalités, contrat, création du salarié, collecte des variables et premier bulletin. Chaque étape doit alimenter la suivante avec une information identique et vérifiable.

Les vérifications à inscrire dans le dossier

  • Valider le poste, le statut, la durée du travail, la rémunération et la convention collective.
  • Planifier les formalités et contrôles avant la prise de poste, avec un responsable identifié.
  • Comparer les données du contrat avec celles du logiciel de paie et du dossier salarié.
  • Relire le premier bulletin et corriger immédiatement toute différence avec les éléments convenus.

Une méthode simple de mise en œuvre

Utilisez une checklist datée, commune aux RH et à la paie. Elle doit distinguer ce qui est obligatoire, ce qui dépend de la situation du salarié et ce qui relève de l’organisation interne.

Les conditions peuvent varier selon le type de contrat, l’effectif, le secteur, le territoire ou les aides mobilisées. Une vérification à la date de signature reste indispensable.

Contrôler avant de clôturer

Avant de considérer le sujet comme traité, relisez les documents produits, rapprochez-les des données sources et faites valider les écarts. La personne qui contrôle ne doit pas se limiter à vérifier la présence d’un document : elle doit pouvoir expliquer la décision et son incidence sur la paie ou l’organisation.

Questions fréquentes

Documents RH : combien de temps l’employeur doit-il les conserver ?

Une durée fixée par un texte constitue un minimum ou parfois une limite. Un délai de prescription peut justifier un archivage intermédiaire pour défendre un droit. Dans les deux cas, documentez le fondement. Les dossiers clos ne doivent plus rester dans les outils de travail courants avec les mêmes accès.

Que faut-il retenir sur « tableau des principales durées à piloter » ?

Document Durée de référence Point de départ ou contrôle Double du bulletin de paie 5 ans À compter de son émission Bulletin électronique mis à disposition 50 ans ou jusqu’aux 75 ans du salarié Vérifier le service de mise à disposition Registre unique du personnel 5 ans À compter du départ de la personne Contrat, salaire, primes, indemnités, solde de tout compte et retraite 5 ans Classer la version définitive et les preuves Charges sociales et taxe sur les salaires 3 ans Contrôler les règles propres au document Décompte des jours en forfait jours 3 ans À partir de l’année concernée Horaires, astreintes et compensations 1 an Prévoir les durées plus longues requises par un litige Déclaration d’accident du travail 5 ans À partir de la déclaration Versions du DUERP 40 ans Chaque mise à jour doit rester accessible

Que faut-il retenir sur « ne pas constituer un dossier médical employeur » ?

L’employeur classe les avis et documents qui lui sont destinés, avec un accès restreint. Il ne demande pas le diagnostic ni le dossier médical conservé par le service de prévention et de santé au travail. Les données de santé exigent un niveau de protection particulier.